Lundi 3 mai 2021 – entre Cronenbourg et la gare de Strasbourg – vélo et soleil

Et je vis une ville où il est interdit de sourire,

sous peine de passer pour simplet, ou pour fou

mais sourire par bonne santé

quelle étrangeté !

Rivages désertés,

visages dévastés

lèvres fermées :

c’est le parfum de la ville,

assaisonnée de noosphère

assez zonée depuis des années

c’est le carcan qui lentement s’approche,

son cadran est celui des petites puces à tout faire

et dans le miroir de l’isolaphone,

nous nous regardons désolés,

avec tout de même parfois

un sourire et même un rire

mais l’espoir vient souvent se briser

contre le cadran du carcan

et la Déesse Technique, de ses petites puces

te prélève, non plus le prépuce,

ni même les bras ou la tête :

elle vise ton âme,

mon ami,

ma compagne

elle veut plus que tes biens ou tes sandales,

mais ça ne se voit pas

Elle veut la Source de ton sourire,

elle vise la désertion de l’âme

et cloue le bec aux vigoureuses rouspétances

qui jusque là avaient raison des mafias

et des clans meurtris, meurtriers

Alors ami, soigne-toi par là ou le bât blesse :

soigne ton âme, ne la laisse pas s’éteindre

sous les boutons et les paillettes

Alors avance, remplis ta tâche et ton rire

que les gorges chantent l’hymne d’aujourd’hui

et que les yeux restent ouverts

sur ce qui veut les fermer !