1979

De vuelta

Une grande maison sur l’allée,

des dessins presqu’orientaux,

les vieux murs sentent la mousse

qui pousse

sur les vieilles photos.

je passais ici le matin

à l’heure où le soleil faisait sa toilette matinale :

les volets clignaient derrière les feuilles

tandis que les absents me regardaient passer.

En un éclair, le rêve m’envoya vagabonder

dans les chambres d’une après-midi d’été,

les rayons donnaient vie

aux grains de poussière volante

et mon regard volait par la fenêtre lente

vers le jardin où vivent d’autres êtres.

Puis reviennent la route, le pont, le canal,

et je vois d’autres horizons déjà

dans la furtive image d’un nuage

qui flotte et vole.

L’après-midi sera pour la gravière à portée de vélo,

accompagné des souvenirs de l’été aux moustiques

lors du bain du soir, sous les arbres rendus exotiques :

je patauge et rame, centre de cet univers

qui me sourit, et à qui je souris.

Des moments rares se nichent obstinément

dans les tiroirs imprévisibles de la souvenance.

Cette année est dans le bain,

et je saisis

ce qui me passe sous la main

soleil, eau, piqûre et … claboussures !

La route longe le canal,

et je longe la route

avant d’aller au restaurant avec Christine

qui roulera sagement en sa 2CV

avec cette douceur qui n’est qu’à elle ;

aujourd’hui ce sera l’Aigle

son plancher ciré et huilé,

son odeur de frites vivifiantes :

les paroles lancées à la volée

célèbreront la simplicité…

Au marché, Josiane derrière son étalage

souriante mère éphémère

éveillée, debout, ronde et terrienne

fait le compte au crayon,

et m’amène au temps immémorial ;

les paroles ici aussi se croisent

et retombent en un sourire

qui ne s’éteindra pas.